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Rééducation de la scoliose.

REEDUCATION DE LA SCOLIOSE
Docteur Ivan PROTHOY

La déformation du rachis que l’on nomme scoliose constitue une déformation de l’empilement des vertèbres qui tournent l’une sur l’autre, entraînant une asymétrie de la posture.
La scoliose idiopathique, de loin la plus fréquente, est le plus souvent indolore. Dans le cas contraire, une consultation spécialisée et des examens d’imagerie sophistiqués peuvent être nécessaires.

Le suivi de la scoliose est réalisé par la mesure de l’asymétrie posturale au cours des visites médicales, en particulier de la gibbosité, et par le suivi radiologique régulier en cas d’évolution clinique avec mesure notamment de l’angle de Cobb (cf. figure « angle Cobb »). Cet angle sur une radiographie de face l’inclinaison des vertèbres les plus inclinées.

angle cobb

Pourquoi la scoliose apparaît-elle ? 
Cette question reste encore très discutée. Si une origine génétique est retrouvée dans les scolioses importantes, il semblerait que les troubles du sens proprioceptif avec asymétrie du tonus musculaire soient le plus souvent en cause. C’est dans ce domaine précis que les techniques de reprogrammation posturale agissent. Dans le cas des scolioses non idiopathiques, la cause est souvent d’ordre neurologique (tumeur médullaire, syringomyélie, ..) ou mécanique (anomalie constitutionnelle d’un vertèbre, hernie discale de l’enfant, …).

Pourquoi rééduquer la scoliose ? 
Si la rééducation ne guérit pas la scoliose, elle en ralentit certainement la progression, en particulier chez l’enfant et l’adolescent. Ainsi, une étude portant sur 591 dossiers suivis sur 5 ans chez des enfants de 10 à 15 ans a montré une aggravation sur cette période de 4° de l’angle de Cobb et de 3mm de la gibbosité chez le groupe rééduqué, contre 14° et 7mm dans le groupe non rééduqué. Cette rééducation doit être hebdomadaire.

Comment rééduquer la scoliose ?
Il s’agit de montrer à la personne ses troubles de postures en vue des les corriger. La prise de conscience s’effectue devant miroir à 3 faces, ou avec outil vidéo. On cherchera ensuite à rendre plus tonique les muscles situés dans la convexité de la courbure et d’assouplir les muscles situés dans la concavité. Un travail proprioceptif global est associé à cette prise en charge, dans une position d’allongement axial actif. La pratique du sport durant cette période est encouragée, quel qu’il soit. En effet, il ne sert à rien d’étirer des muscles sans les remuscler.

Quand commencer la rééducation ? 
Dés qu’une scoliose présente plus de 10° d’angulation (soit environ 10mm de gibbosité au niveau thoracique ou 20mm au niveau lombaire chez l’adulte), la pratique de la kiné est fortement conseillée (cf. figure « gibbosité » et « gibbosité 2 »).

gibbosité
gibbosité 2

En deça, la reprogrammation posturale globale peut permettre de corriger complètement les troubles. Au-delà de 25° d’angulation, la mise en place d’un corset sur de nombreux mois reste un traitement de choix. Il forme alors un véritable tuteur externe pour le rachis.

Peut -on prédire l’évolution d’une scoliose ?
Au-delà de 25° d’angulation, la composante anti rotatoire des muscles est prise à défaut, et il semble que celle ci s’auto aggrave systématiquement de façon linéaire. En deçà, l’évolution est imprévisible et nécessite de toutes façons un contrôle régulier par un médecin compétent en médecine orthopédique. La période à risque concerne essentiellement la période pubertaire.

Quels sont les risques à laisser évoluer une scoliose ? 
En dehors des douleurs qui apparaissent avec le temps liées aux contractures musculaires, l’aspect esthétique est souvent prédominant au début. Par la suite, le fait que les disques intervertébraux ne travaillent plus dans un axe normal entraîne une usure rapide de ceux ci, ce qui déstabilise encore le rachis et accentue les douleurs. Au pire, le sujet présente une atteinte de sa capacité vitale pulmonaire, d’où un essoufflement important, et une perte de l’horizontalité du regard accompagnant la « bosse » dorsale.

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